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Réchauffement climatique
Changements
climatiques : Une révolution des pratiques pour le vigneron
indépendant ?
De tout temps, les efforts de la recherche, de
l’expérimentation et de la production se sont
portés à favoriser la maturité des
raisins.
L’évolution climatique est donc pour
l’instant une
bonne chose : des températures moyennes plus
élevées qui favorisent des raisins plus
sucrés et
moins acides. Des régimes de précipitation
marquant des
périodes de stress hydrique plus marqués
favorisant des
vins colorés et complexes sur le plan aromatique. Sans
parler
que la chaptalisation, nécessaire lors des années
dites
difficiles par manque de soleil et de maturité des raisins,
est
une pratique à laquelle, nous, vignerons avons de moins en
moins
besoin de recourir depuis ces 10 dernières années.
Une année chaude, c'est plutôt une "bonne
année" et
c'est la tendance depuis une vingtaine d'années, indiquait
Bernard Séguin (INRA Avignon) dans une interview
publiée
en octobre 2006. Mais il ajoutait aussitôt un
bémol : "C'est
bon parce qu'on est dans la gamme d'un ou deux degrés de
plus,
mais quand vous allez au-delà, vous ne savez plus trop ce
qui
peut arriver".
Tous les scénarios et modèles scientifiques
présentés par Joël ROCHARD (IFVV) lors
de cette
journée technique concluent, sans aucune
ambiguïté,
à une poursuite de l’évolution
climatique
marquée par des températures moyennes annuelles
qui
pourront aller de 1,4 à 5,8° C d’ici 2100,
c'est-à-dire à l’échelle de
la viticulture :
demain.
Les conséquences sur le cycle
végétatif de la
vigne et la qualité des raisins sont parfaitement connues.
Elles
sont constatées aujourd’hui dans des
régions qui
présentent des cépages en limite de
précocité : la Syrha en Languedoc-Roussillon, le
Merlot
en région bordelaise. Quelque soit notre région
viticole
et les cépages cultivés, nous devons prendre
conscience
que cette évolution nous concerne tous : les
problèmes de surmaturité, manque
d’acidité,
découplage des critères de maturité eu
encore
blocage de cycle végétatif rencontré
dans
certaines régions, sont les problèmes que tout
vigneron
aura à gérer dans les prochaines
années au regard
de l’évolution climatique.
En définitive, c’est sans doute une évolution de nos
mentalités
que nous devons opérer : de tout temps, nos efforts ont
porté à favoriser la maturité de nos
raisins.
Aujourd’hui, nous entamons une nouvelle aire :
l’évolution climatique faisant, dans un
délai de
moins de 50 ans, beaucoup de nos cépages vont se trouver en
limite de précocité : pour 1°C de
température
moyenne gagnée, les vendanges sont avancées de 10
jours :
nos efforts devront se porter à maîtriser cette
précocité en freinant la maturité.
Pour ce faire,
nous disposons de pistes pratiques que nous ne devons pas
négliger : elles ont été largement
développées lors de cette journée
technique par
nos différents intervenants. Il n’y a aucune
solution
individuelle satisfaisante, mais encore plus qu’avant, le
raisonnement de nos pratiques viticoles et œnologiques sera
la
clef de notre adaptation.
Mais à terme, ceci ne sera pas suffisant : c’est
pourquoi
il est important que dès à présent, la
recherche
et l’expérimentation
s’intéressent aux solutions pratiques
à mettre en œuvre à l’horizon
2100 :
porte-greffes, clones, cépages, densité,
irrigations,
opérations culturales, technologies soustractives de sucre
ou
d’alcool, acidification, etc. Avec une inévitable
ouverture du cadre réglementaire tant sur le plan
Européen qu’en ce qui concerne les
décrets de
production qui devront évoluer à
l’instar de
l’évolution du climat.
Le 6 décembre 2007
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