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Rencontres des Vignerons Indépendants
Rencontres Alsace 2009

Rencontres des VI 2009
Rencontres des Vignerons Indépendants
Alsace - 28 et 29 avril 2009

Les Vignerons Indépendants font des questions environnementales le centre de leurs débats : Maintien de la biodiversité, énergies renouvelables, gestion de la consommation d’eau, protection des sols…
Plus de 200 Vignerons Indépendants  issus de toutes les régions viticoles ont convergé vers Colmar pour assister les 28 et 29 avril aux Rencontres des Vignerons Indépendants 2009.
« Il n’est plus possible aujourd’hui de ne pas prendre en compte l’environnement dans la gestion de nos entreprises. C’est une question éthique et morale.

Les vins des Vignerons Indépendants et les Vignerons Indépendants eux-mêmes doivent laisser le minimum d’empreinte environnementale. Ils se doivent d’être exemplaires pour le marché et les générations futures. » confirme Michel ISSALY, Président des Vignerons Indépendants de France.
Cette volonté politique exprimée par le Président se concrétise au sein même de la structure par la création d’un pôle Développement des entreprises dirigé par Christophe CHEVRÉ. Formation, expertise, veille technique et réglementaire, forums techniques régionaux… les Vignerons Indépendants se sont dotés de moyens pour répondre à l’enjeu environnemental.

Contact :
Christophe CHEVRÉ
christophe.chevre@vigneron-independant.com
01 53 02 47 91 - 06 26 57 23 27

Les partenaires officiels



Le club partenaires des Vignerons Indépendants


Souvenirs, les photos des Rencontres : Cliquez ici

Comptes rendus des thèmes des conférences

Chais bioclimatiques et panneaux photovoltaïques
Au chevet d’un nouveau type de sobriété

Les vignerons indépendants se penchent sur la question de la sobriété en énergies. Certains comme Bruno Schloegel à Wolxheim (67) construisent des chais bioclimatiques. D’autres comme Laure Dozon à Ligre (37) réfléchissent même à produire de l’énergie grâce au photovoltaïque.

Pour Bruno Schloegel, la première règle de sobriété est la durabilité. Le chai de trois fois 650 m2 de surface qu’il construit est prévu pour durer plusieurs générations. Mais c’est aussi un investissement sur plusieurs générations. Il s’efforce de le construire selon des règles éthiques, de développement durable, de solidarité intergénérationnelle et en s’appliquant des cahiers des charges. C’est un vigneron certifié Qualenvi.

« Des choix éthiques et durables »

Ces règles fondent ses choix de matériaux, de lieu d’implantation des bâtiments, de collaborateurs. Le projet a mûri pendant deux ans avant d’obtenir le permis de construire. Maîtres d’œuvre et d’ouvrage, architecte (Patrick Jost à Rosheim), possèdent cette même passion de la nature et du terroir.

Un puits canadien

L’édifice met à profit les conditions naturelles du milieu, il exploite la pente naturelle, il est idéalement situé sur les axes de communication, il utilise les matériaux locaux. A titre d’exemple, la terre limoneuse comble l’espace vide laissé par les arcades de la cave. Cette terre est également régulatrice de la température par l’intermédiaire d’un puits canadien. Il s’agit d’un long tuyau de 450 mètres, enfoui dans ces limons, dans lequel circule de l’air chargé de réguler naturellement la température du chai. L’ensemble devrait également bénéficier d’une régulation hygrométrique naturelle grâce à l’éponge que constituent les limons. Enfin, la gestion de l’eau - ruissellement, effluents - sera particulièrement aboutie,  sa récupération représente un volume conséquent de 60 000 l. Une partie sera retraitée sur lits végétalisés. Bruno Schloegel songe également à des panneaux photovoltaïques, mais il lui faudra attendre la réalisation des bâtiments.

Se lancer dans le photovoltaïque ?

Ce mode de production d’énergie est-il rentable ? C’est la question que s’est posée Laure Dozon, viticultrice à Ligre (37). Un projet qui lui a été soumis pour un montant d’investissement de 65 k€, lui promet un retour sur investissement dans 14 ans pour une électricité rachetée à un prix de 32 cts d’€ du kW (32cts pour des panneaux posés sur le toit et 60cts pour des panneaux intégrés). Quid du prix de rachat de l’électricité d’ici là ? Surtout que ce rachat est largement subventionné. Cependant, le contrat de rachat court sur 20 ans. Un autre projet a été soumis à Laure Dozon et là, l’installateur promet un retour sur investissements de 10 ans pour un investissement de 122 k€.. Autre solution, la location de la toiture à un exploitant photovoltaïque. Mais le loyer est dérisoire : 1€/m2.

Des écueils à éviter

Claude Faivre, expert EDF entreprises, a incité l’auditoire à cependant faire preuve de méfiance devant la multiplicité d’opérateurs promettant des retours sur investissements mirobolants (6 ans). Attention également à certains aspects techniques comme la capacité des panneaux à maintenir des hauts rendements à mesure qu’ils vieillissent. Il faut également faire attention à la disposition des bâtiments, en particulier aux ombres portées qui dégradent les performances photovoltaïques.


Viticulture et biodiversité : Les viticulteurs, des paysagistes

L’identité du paysage est à respecter, mais les réponses sont différentes selon les espèces. Pour créer de la biodiversité, il n’y a pas de solution unique, il faut éviter de faire pareil partout.

Une parcelle viticole n’est pas nécessairement pauvre en biodiversité bien que ce soit une monoculture. Haies, bosquets, lisières, bordures sont des lieux de biodiversité à condition d’éviter les transitions végétales trop abruptes. Cette biodiversité est-elle intéressante pour la viticulture ? Difficile pour le non-spécialiste de l’affirmer. Mais l’observation de la diversité des ravageurs de culture et des auxiliaires ne permet cependant pas d’apprécier leur impact sur la culture de la vigne.

Marteen van Helden propose alors une approche écologique globale à l’échelle du paysage. Et là il constate une corrélation positive entre certains types de paysages et certains ravageurs. Exemple , là où il y a beaucoup de vigne, il y a aura beaucoup plus d’eudémis, vers ravageur du raisin. Mais il constate également des corrélations négatives, exemple avec les cicadelles vertes.

Il faut en réalité regarder plus globalement les bénéfices des aménagements paysagers de haies en viticulture, pour prévenir l’érosion, diminuer le ruissellement, capter les dérives aériennes de produits de traitement, améliorer le cadre paysager, le cadre de vie, et bien sûr pour permettre de communiquer sur une viticulture respectueuse de l’environnement.

Une identité du paysage à respecter

Et il est plus intéressant de travailler à l’échelle de l’exploitation ou même de la commune viticole pour stimuler davantage la biodiversité, et même d’impliquer d’autres acteurs, observe Marteen van Helden. Exemple à Saumur-Champigny. Le tout en évitant d’imposer une règle paysagère globale et en respectant l’identité paysagère.

Conclusions et perspectives

 Le viticulteur peut agir à l’échelle exploitation
  • Enherbement
  • Gestion des zones ‘non productives’
    • Interstices
    • Parcelles en renouvellement
    • Autres… (parc, autour des bâtiments, ….)
Plus pertinent de travailler à plus large échelle
  • Connectivité des zones ‘biodiversité’
  • Pragmentation des îlots viticoles
Besoin d’impliquer les autres ‘acteurs’

(*) Marteen van Helden a fondé l’Association pour la recherche et le développement en viticulture durable (ARD-VD) constituée d’un réseau de viticulteurs, de distributeurs, de fournisseurs, de caves coopérative et de groupement de lutte contre les organismes nuisibles.
 

Conditions de production des vins de terroir
L’intégrale des propos de Claude Bourguignon au congrès des Vignerons indépendants de
Colmar le 28 avril 2009

« Depuis 1960, les rendements ont progressé d’un hl/ha/an grâce à la maîtrise phytosanitaire et les clones pour arriver à des rendements records de 600 hl/ha/an. Au niveau gustatif, les vins s’effondrent sous l’effet de la dilution mais l’œnologie a permis de compenser et de rattraper le goût avec le boisage, les concentrateurs, l’acidification… Tant et si bien qu’on peut élaborer des vins corrects sans terroir. »

Il s’agit d’une nouvelle donne dans l’histoire de la viticulture . Le vigneron est confronté à trois choix : vins de terroir, vins technologiques et archi-technologiques comme les vins de garage, vins de cépage. Le problème est que la technologie a envahi toutes les catégories. »

Le terroir ? C’est une topographie, une géologie, un climat et un sol.

Le climat : « Jusqu’alors l’Homme n’était pas capable de le modifier, mais ça change… »
La topographie : Soulignons qu’ « un sol humide nécessite sept fois plus de calories pour être réchauffé » d’où l’impérieuse nécessité pour la vigne, plante méditerranéenne, d’être plantée sur des sols à ressuyage rapide. « La vigne des grands terroirs est plantée préférentiellement sur les pentes. Ou bien, citons les cas de Châteauneuf-du-pape et de Bordeaux - sauf sur des collines de type Fronsac ou Saint-Emillion - dont les sols sont filtrants grâce aux galets, ou ont été drainés au prix d’importants investissements. »

Dicton : « En Bourgogne on a fait de l’argent avec du vin, à Bordeaux, du vin avec de l’argent.»

En situation ultra pentue, la topographie est améliorée par exemple par l’aménagement de terrasses tenues par des murets de pierre sèche « qui permettent l’évacuation de l’eau ». Le bétonnage des murets est proscrit, il peut provoquer de véritables « piscines suspendues… »

La géologie : « 90 % de la géologie mondiale est acide. Elle comprend les schistes 75 % et les granites, 15 %. Ce sont des sols où l’on peut produire de très grands blancs. On note sur ces géologies beaucoup moins de grands rouges. A l’exception de quelques géologies comme celle de Maury, mais il s’agit de calco-schistes. La présence de calcaire explique cette exception. » Nous reviendrons sur l’importance de ce calcaire dans le paragraphe biologie des sols.  

« La France possède une chance incroyable, puisque 55 % de sa géologie est calcaire, alors qu’au plan mondial, ce type de géologie n’occupe que 7 % des sols du monde. »

A titre d’exemple, « les Etats-Unis n’ont que 3 % de géologie calcaire. Autre type de géologie rare, la volcanique, 3%, comme le Rangen de Thann (68), où l’on peut élaborer de grands blancs ou rouges. »
Le sol : « Cette quatrième dimension du terroir est de loin la plus complexe et l’homme intervient. Ce milieu héberge 80 % de la biomasse du monde.»

« Un hectare de sol c’est l’équivalent en énergie biochimique de 700 tonnes d’êtres humains. » C’est aussi 2 tonnes de bactéries, 3 tonnes de vers de terre…

Des pratiques viticoles de terroir

« Cette dimension complexe du sol peut être mise en valeur grâce à vitis vinifera qui, cultivée au fil des siècles, a abouti à la diversité des cépages. José Vouillamoz (Généticien de la vigne à Neuchâtel en Suisse) a montré qu’il y a des grandes familles de cépage : la zone nordique avec les pinots, gouais, la famille bordelaise ( cabernets, merlots), espagnole (grenache), italienne, etc. Mieux vaut donc respecter cette logique des familles pour les vins de terroir. »
La densité intervient également sur la mise en valeur des terroirs. Avant le phylloxera, la densité bourguignonne atteignait 24 000 pieds/ha.
Pourquoi ces hautes densités ?

« Avant le phylloxera, la solution pour maîtriser l’aspect sanitaire consistait à produire extrêmement peu de grappes par pied. »

« En Champagne, on cultivait jusqu’à 50 000 pieds/ha et une grappe par pied dans des vignes en foule. » Des photos d’époque témoignent d’une forêt d’échalas. Finalement, la mécanisation a provoqué la diminution de la densité, pour arriver jusqu’au palissage.
La taille est également un acte en étroite relation avec le terroir car « l’homme a fait varier la taille en fonction du climat ». Exemple extrême : la taille de Santorin sur une île volcanique Grecque où les grappes sont disposées au cœur de la charpente en forme de nid pour les protéger des embruns marins. « Cette pratique daterait de 7000 ans. D’autres tentatives de taille de type palissage sur cette île ont été vouées à l’échec. Il n’y a pas de taille idéale. Les tailles des anciens sont toutes adaptées à leur région. »

« Plus le terrain est profond, plus la taille peut admettre un feuillage important, plus le terrain est fin, moins il y a de sol, et moins il faut de surface foliaire et il faut donc réduire la taille du cep. »

« Les tailles, avec beaucoup de feuillage, produisent du carbone, c’est-à-dire de l’alcool. La vigne devient alors une « usine à sucre » mais pas à parfums. Le parfum est fonction des racines (voir plus bas dans le paragraphe dédié au goût de terroir). Type de tailles absurdes pour les vins de terroir : Smart dyson, Scott Henry… » L’important feuillage entraîne une forte évapotranspiration qu’il faut alors compenser par l’irrigation.

En résumé, il faut adapter le feuillage au terroir.

« N’oublions pas que le facteur limitant de la vigne est l’eau. Durant son cycle annuel, elle doit connaître un arrêt de croissance lié à son horloge physiologique mais pas à cause du stress hydrique. Et, pour éviter les stress, l’enracinement doit être profond. Il suffit de 10 % du système racinaire en profondeur pour que la vigne échappe au stress.  Une des conditions est que la roche soit fissurée. » Exemple : l’importante densité de fissuration de Montrachet.

« Pour avoir un système racinaire en profondeur, le sol doit être aéré.»

Choisir les sols des grands terroirs viticoles

Outre la pente, l’exposition, une autre condition des vins de terroir est la texture des sols. « La surface interne des argiles varie de 30 à 800 m2 par gramme. Kaolinites, illites pour les blancs possèdent de faibles surfaces. Et les smectites pour les rouges possèdent de grandes surfaces internes. »

« Les analyses d’argiles révèlent que les Bénédictins ont fait un zéro faute en classant, il y a 600 ans, 100 % des grands crus bourguignons en blancs ou en rouges selon ces argiles.»

Les sols des terroirs donnent-ils un goût particulier ?

Les arômes ne sont que des composés carbonés synthétisés à partir des sucres de la photosynthèse. La chimie des sols joue-t-elle aussi un rôle essentiel sur le goût ? Selon Bourguignon, « les éléments du sol ont leur importance. Quelle relation entre un manganèse par exemple et les arômes ? Les arômes sont synthétisés par des enzymes qui sont des protéines à cofacteur métallique. Nous ne connaissons pas les chaînes enzymatiques qui aboutissent à la synthèse des arômes et autres composés carbonés, mais, en tout état de cause, les cofacteurs métalliques interviennent sur cette biosynthèse et ils proviennent bien des caractéristiques chimiques du sol. »

« C’est un peu fort de dire que le sol n’a pas d’effet sur le goût car rien n’a été démontré. Les cofacteurs des enzymes qui produisent le goût dépendent du sol.»
Les productions hors sol donnent pourtant des fruits parfumés, mais « on compense le déficit des éléments par des chélates qui ont pour fonction d’apporter ces cofacteurs enzymatiques. Mais à des doses extra-physiologiques incapables de reproduire celles, subtiles, mises à disposition par un sol. »

« Dans le sol, les bactéries chimiolithotrophes strictement liées à la dimension minérale du sol, vont avoir ce rôle de rendre ces minéraux disponibles à la vigne.»

La biologie des sols de terroir

La dimension biologique du sol intervient également sur l’expression du terroir. Quelques exemples : les collemboles dont la population normale serait de 3 à 4 milliards par hectare. « Il y a des sols qui en sont complètement dépourvus.» Ces habitants terrestres totalement inconnus sont très spécifiques, à l’échelle même de la parcelle. D’autres habitants, les acariens, dans les mêmes proportions, possèdent des mandibules plus puissantes. D’autres encore, comme les cloportes ou les crustacés, aux mandibules encore plus puissantes, dévorent le bois. Citons encore les pseudo-scorpions, les arachnides...

« La transformation de la matière organique par ces animaux conduit à des boulettes fécales, excréments qui donnent l’humus et provoquent l’aération. »

Cette faune du sol a besoin d’herbe.

« Le désherbage chimique fait chuter la capacité d’un sol à infiltrer l’eau d’un facteur 150. »
Quand il n’y a plus de faune, il n’y a plus de perméabilité de surface. Parmi la faune, n’oublions pas les vers de terre qui à eux seuls pèsent plus que toute la faune animale terrestre. « En allant chercher les humus en surface et les argiles en profondeur, ils fabriquent dans leur intestin le complexe argilo-humique dont l’élément liant est le calcium. » Complexe qui favorise l’alimentation minérale de la plante.

« C’est la biologie du sol qui fabrique la terre » et donc le terroir.

D’où l’intérêt de préserver la biologie des sols, plus particulièrement en production de terroir en évitant les biocides. « La population des vers de terre souffre énormément. On est passé de deux tonnes de vers de terre à moins de 100 kg/ha. Leur absence provoque les inondations, même à une époque où nous connaissons tant de sécheresses. »

Se préoccuper des racines plus que des feuilles

Autre grand ensemble biologique des sols : les racines. « La façon dont on va travailler le sol va décider de la gestion des racines. »

« La vigne est la seule plante cultivée dont l’homme se préoccupe des racines. »

« Au cours du temps, la vigne (comme les arbres) a adapté son enracinement à ce milieu biologique avec deux zones d’exploration, l’une dans l’horizon humifère (racines superficielles horizontales) et l’autre vers les profondeurs par un enracinement vertical. »

Pourquoi cette disposition verticale et horizontale ? « Au printemps, l’humus est minéralisé par les bactéries. Il est transformé en nitrates, phosphates, etc., récupéré par les racines. Tandis que les racines profondes attaquent la roche et la transforme en argiles. » La racine exsude des acides qui la dissolvent. Les éléments majoritaires qui sont la silice, le fer, l’aluminium, et éventuellement du calcium si présent, recristallisent à l’état concentré sous forme de silicates d’alumine qui forment les feuillets d’argiles. Ainsi qu’expliqué ci-dessus, c’est le vers de terre qui par ses va et vient de la surface vers la profondeur, réunit les argiles et l’humus en complexe argilohumique.

« La préparation du sol avant plantation est importante pour gérer l’enracinement. Un sol préparé mécaniquement (ripper, décompactage) fait remonter les racines.  Pas besoin de bulldozer, une racine sait faire le travail. » Un sol préparé par des plantes d’interculture favorise l’enracinement. Une racine qui n’a plus d’oxygène remonte. Le désherbage chimique, même en désherbage uniquement sur le rang, fait remonter les racines (Photos de profils pédologique à l’appui). Tandis que l’enherbement favorise l’enracinement.

« Les racines superficielles sont exposées aux montées de température ce qui provoque des blocages physiologiques de la plante. »

« La plante ne sait prélever directement que les cations (ions positifs sodium, potassium, magnésium, etc.)  pour lesquels il n’y a pas de cycle d’absorption biologique. En revanche, pour tous les anions, -nitrates, sulfates, phosphates, etc.- ils sont fabriqués par les microbes. Pour ce faire, ils ont deux techniques. L’oxydation : l’azote est rendu assimilable par azotobacter, le soufre par sulfobacter, et le phosphore par les champignons. L’autre parade est la chélation : Les oligoéléments sont absorbés grâce à la technique de chélation. Exemple le fer est chélaté par du citrate, succinate, tartrate, fabriqués par les microorganismes. »

« Des vignes manquent de fer sur des sols rouges de fer parce qu’il n’y a pas assez de biologie pour rendre cet élément disponible.»

« Nous remarquons que les éléments assimilables sulfate, phosphate, nitrate sont à l’état oxydé, qu’il faut donc de l’oxygène et donc le sol doit être aéré. »

Questions/réponses : Votre vision du terroir aujourd’hui par Agnès Payan ?

« Quand Capus promulgue sa loi sur les appellations, toute la France travaille ses terres au cheval. Il n’émet donc aucune loi sur les sols. S’il revenait aujourd’hui, je pense qu’il interdirait le désherbage chimique en AOC pour les vins de terroir.

« Tant qu’il n’y aura pas de loi sur les sols pour les vins d’AOC, ceux-ci seront confrontés aux vins technologiques. »

Deuxièmement, pour revenir aux fondamentaux des vins de terroir, il faut revenir à la dégustation telle qu’elle était pratiquée par les gourmets, une dégustation au tastevin qui à l’origine servait à détecter les fraudes. La dégustation consistait à tâter le vin, à en apprécier la texture, (rugosité, souplesse, soyeux, sapidité, minéralité…. Les gourmets s’entraînait à développer leur appréciation tactile du vin. Quant à la dégustation organo-sensorielle, les arômes, elle ne servait simplement qu’à détecter le millésime. »
 

Réduction des traitements phytosanitaires : La règle par trois

Avoir une bouillie stable et un appareil bien réglé, adapter la dose au feuillage et bien cibler les stades phénologiques, telles pourraient être résumées les règles de réussite du traitement phytosanitaire. Des interventions d’Olivier Viret, de Vincent Franquet et de Frédéric Schwaetzler, il ressort que des marges considérables de progression pour réduire les doses sont possibles.

Un traitement de couverture du feuillage par un produit phytosanitaire ne nécessite pas la même dose selon que l’on se situe en début de cycle végétatif ou en milieu de cycle, car la surface foliaire évolue. En Suisse, pays qui aime la précision, c’est une évidence, explique Olivier Viret, ingénieur de l’Agroscope à Changins. Il a développé une méthode qui permet donc d’adapter les doses à la quantité de feuillage. Cette approche helvétique est même devenue réglementaire. Pour une pleine dose d’homologation, le viticulteur devra appliquer un coefficient réducteur en fonction du stade foliaire. En France, cette méthode s’appelle Optidose, mais elle n’est pas encore pratiquée de manière importante.

Mais pour être efficace, un produit doit également être appliqué au bon stade. En Alsace, 5 à 6 traitements sont effectués contre le mildiou et l’oïdium, 1 à 2 contre le vers de grappe et 0,4 à 0,6 contre le botrytis, indique Frédéric Schwaertzler, conseiller à la Chambre d’agriculture du Haut-Rhin. La prophylaxie intègre également la gestion de la plante, la vigueur, la qualité du palissage. Mais la taille alsacienne, comparé à la bourguignonne par exemple, est moins favorable à la pression parasitaire.

Pour réduire les pesticides, un effort devra être consenti en matière de réglage des pulvérisateurs, dont l’efficacité peut être appréciée par les buvards hydrosensibles
. Le conseiller technique préconise de tenir compte des modèles épidémiologiques, de localiser les traitements par exemple sur grappes ou sur les feuilles hautes selon la maladie, d’anticiper les traitements en périodes pluvieuse et de les espacer en période sèche.

Mais encore faut-il que le produit appliqué soit actif. Vincent Franquet, conseiller technique  indépendant – www.agriconseil.com - explique que certains mélanges de produits nuisent à l’efficacité. La bouillie finale doit être du même pH que la solution commerciale. Au pire, quand le pH des produits en mélange est très différent – exemple : pH 8,5 pour du soufre microthiol, et pH acide pour du folpel - mieux vaut opter pour un pH final proche de la neutralité. Pour réduire les doses, Vincent Franquet préfère également travailler en bas volumes ce qui implique de plus fortes concentrations de produits, plus efficaces sur le champignon. Pour les produits de contact, il faut alors veiller à avoir une bonne couverture. Le réglage du pulvé est donc primordial. Au besoin, il est intéressant de s’aider des produits adjuvants surfactants. Enfin, il faut tenir compte des conditions météo, travailler à bonne hygrométrie pour que le produit reste humecté longtemps sur la feuille, il ne doit pas non plus ruisseler, il faut également éviter les grands vents qui dérivent les traitements et les fortes luminosités. En somme mieux vaut traiter tôt le matin ou le soir.

Dosages adaptés aux surfaces foliaires : www.agrometeo.ch

Bonnes pratiques phytosanitaires

Exemples pratiques de fiches de traçabilité phytosanitaire avec Laurent Brault d’Anfovi : Bien plus qu’une simple lourdeur administrative, ces fiches se révèlent être un véritable outil de gestion viticole pour améliorer ses pratiques phytosanitaires.

Bien connue pour garantir la qualité de l’accueil des clients au chai, Qualenvi comporte également une méthode pour sécuriser les traitements phytosanitaires. A l’heure de la multiplication des cahiers des charges, la traçabilité en matière d’application de produits phytosanitaires peut apparaître comme une charge administrative supplémentaire. Mais elle se révèle également comme étant une possibilité de bien gérer son exploitation viticole, explique Laurent Brault, chargé de mission aux Vignerons indépendants de France, en particulier en matière d’application de produits phytosanitaires.

L’objectif globalement assigné par le Grenelle de l’environnement étant de limiter les quantités de produit et le nombre de passages. Il a donné quelques clefs pour la réalisation de fiche de traçabilité où l’on consigne les informations « phytosanitaires » de la manière suivante : quand ? (la date d’application), où ? (le nom ou n° de parcelle), quoi ? (le nom des produits appliqués) et combien ? (la dose par hectare). Rappelons que cette traçabilité est réglementairement obligatoire. Les parties « quoi et combien » peuvent être davantage détaillées avec les numéros de lots des bidons de produits servant pour la parcelle, la dose par hectare, la quantité totale de produit par pulvérisateur, et le nombre de pulvérisateurs par parcelle, aboutissant à la quantité totale de traitement.  De même, la partie nom de la parcelle peut aussi être détaillée  avec sa surface, ou la surface de l’îlot, les caractéristiques climatiques lors de l’application.

Les fiches de traçabilité Qualenvi deviennent alors un véritable élément de transmission de l’information au sein de l’exploitation pour raisonner les interventions, raisonner les doses en cours de campagne, moduler les volumes.

Contacter Laurent Brault laurent.brault@vigneron-independant.com et consultez le site www.anfovi.com où sont indiquées les informations en matière de bonnes pratiques phytosanitaires.

Les SDN sont-ils efficaces pour réduire les doses ?

L’étude Suisse d’une trentaine de stimulateurs de défenses naturelles révèle que certains produits sont efficaces à 90 %.

Chercheuse à Changins en Suisse, Sophie Godard travaille sur les stimulateurs de défenses naturelles, des produits que l’on applique à la plante tel un vaccin. Parmi la trentaine de produits testés, deux se montrent efficaces à 90 % : un extrait d’écorce de bourdaine et un extrait de racine de rhubarbe. L’essai n’est toutefois pas réalisé en plein champ mais en serre sous atmosphère et pression parasitaire de mildiou contrôlées. Cela dit, la chercheuse se montre optimiste sur ces principes actifs qui agissent de deux manières, l’une en « engluant » le mildiou dans du callose (un sucre) lorsqu’il pénètre par les cellules stomatiques de la feuille et l’autre en sécrétant des toxines à base de stilbène qui vont l’empêcher de se reproduire.
D’autres essais de SDN en plein champ ont été présentés par David Marchand, conseiller viticole à la Chambre d’agriculture du Haut-Rhin. Il s’agit du produit stifénia – un produit à base de fénugrec - qui n’a, semble-t-il, pas donné satisfaction.

Et les cépages résistants ?

Une troisième voie pour réduire les pesticides consiste à utiliser des cépages dont la résistance est obtenue par transgenèse ou par hybridation interspécifique.

Christophe Schneider, chercheur à l’Inra de Colmar, a présenté des recherches actuellement effectuées en matière de cépage résistant au mildiou et à l’oïdium. La transgenèse (OGM) n’ayant pas l’assentiment sociétal, les chercheurs font de l’hybridation interspécifique. Technique qui consiste à croiser les espèces vitis viniféra de nos contrées avec d’autres, asiatiques, ou américaines qui ont coévolué avec le mildiou et l’oïdium, et qui possèdent par conséquent des gènes de résistance naturelle à ces maladies. En pratique, on sème les pépins de vigne, puis on féconde ses fleurs artificiellement. Par rétrocroissements successifs (autofécondation) on conserve le caractère de résistance, on sélectionne ensuite toutes les vignes filles qui présente les gènes de résistance et on élimine celles dont les caractères ne sont pas intéressants pour l’élaboration des vins.
La reconnaissance des gènes de résistance est possible grâce notamment à la totale connaissance du génome de la vigne récemment publiée dans les revues scientifiques, et grâce à une puce génétique qui permet d’identifier rapidement la présence des gènes de résistance dans la plante.
L’Inra devrait être en mesure en 2018 de proposer à l’inscription ces fameux cépages résistants. Ils présenteront par ailleurs une certaine garantie de durabilité de résistance. La décision de leur usage en AOC reste cependant assujettie à l’autorisation donnée par la profession.
 

Tout vigneron est éligible à une aide : Mode d'emploi
Les bons tuyaux d’Eric Rosaz

« Vous avez un projet, il y a forcément une aide quelconque pour vous. » Pour clôturer les conférences du congrès national des Vignerons indépendants, Eric Rosaz a livré quelques clefs nécessaires à la perception d’aides ou de subventions quand un vigneron a un projet.

Une aide est toujours liée à une orientation politique, elle a une origine budgétaire précise, elle s’adresse toujours à une entité précise (entreprise, individu), et elle possède un fondement juridique qui la lie à son origine budgétaire.

Pour y avoir recours, il faut se préparer à investir du temps. « Demander une aide c’est un investissement personnel », insiste Eric Rosaz. En effet, ceci suppose de connaître les procédures administratives, d’avoir recours à des informations juridiques et de se donner du temps pour également remplir des formulaires. Bref « c’est le parcours du combattant ! »

Mais avoir recours à une aide ou une subvention fait partie de la bonne gestion d’une entreprise.

La méthode consiste à bien définir son projet, rechercher les aides ou subventions, s’informer des conditions d’obtention, remplir les dossiers souvent en adaptant ou en reformulant les contours du projet afin qu’il soit éligible  et, bien sûr, il faut prendre le temps de remplir les dossiers.

Mais là ne s’arrête pas le parcours, il faut ensuite suivre le traitement administratif du dossier jusqu’au paiement et sa liquidation.

Eric Rosaz a donné ensuite des sites où s’informer. Tous les sites des départements www.conseil-general.com, possèdent un lien « Le guide des aides » où est établie la liste des aides. Consultez, vous découvrirez forcément une aide, souvent même insoupçonnée, à votre projet d’investissement dans des domaines très variés : construction, oenotourisme, chambres d’hôtes, commercialisation, investissement de matériel de cave ou viticole. Autre exemple de site pour la filière viticole, celui de l’espace vin de France agrimer, www.franceagrimer.fr, cliquez sur l’onglet Viniflhor, puis sur « espace vin » et tapez le mot aides dans l’espace recherche. Et l’on voit ainsi apparaître les nombreuses mesures comme celles pour restructurer les vignobles ou promouvoir le vin à l’étranger.

Démarche marketing en packaging : Les clefs pour être vu

Ne rien laisser au hasard en packaging, tel pourrait être le résumé de l’intervention de Jean-Claude Andréani, professeur de marketing à ESC-Paris.

Une approche marketing de son packaging suppose de se poser trois questions. La première – où en suis-je ?- consiste d’abord à bien définir son produit dans les segments de gamme : terroir, entrée de gamme, industriel … Et à le positionner clairement : A consommer rapidement, vin de garde, vin de dessert, en apéritif, etc… Ceci donnera une première orientation au packaging.

La deuxième question consiste à connaître son « champ de bataille ». C’est à dire de bien connaître son environnement concurrentiel. De là va être déterminé un code graphique plus ou moins simple, plus ou moins travaillé et les codes couleurs qui annoncent clairement la tendance pour être identifié, se démarquer, personnaliser son étiquette…

La troisième question, - que faire ? -  consiste à choisir parmi les nombreuses informations d’une étiquette celles dont on veut qu’elles accrochent la vue. Le client potentiel a un schéma de lecture d’une étiquette « en diagonale » : « Il ne la lit pas, mais il la ressent. L’étiquette lui évoque des choses», explique Jean-Claude Andréani. Une définition préalable de la cible, le type de clientèle est également primordiale : jeune, nouvelle,  fidèle, etc.

Bref, le marketing du packaging possède des méthodes, des techniques, des codes, mais que la raison ne connaît pas toujours. En effet, cette science n’est cependant pas exacte. L’expérience nous apprend que 30 % seulement des approches marketing se traduisent par une réussite commerciale. Quelques exemples d’échecs : la Renault Velsatis dont les études marketing avaient pourtant été poussées.

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