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Rencontres des VI 2009
Rencontres
des Vignerons Indépendants
Alsace -
28 et 29 avril 2009
Les Vignerons Indépendants font
des questions environnementales le centre de leurs débats :
Maintien de la biodiversité, énergies
renouvelables,
gestion de la consommation d’eau, protection des
sols…
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Plus
de 200 Vignerons Indépendants issus de toutes les
régions viticoles ont convergé vers Colmar pour
assister
les 28 et 29 avril aux Rencontres des Vignerons Indépendants
2009.
« Il n’est plus possible aujourd’hui de
ne pas
prendre en compte l’environnement dans la gestion de nos
entreprises. C’est une question éthique et morale.
Les
vins des Vignerons Indépendants et les Vignerons
Indépendants eux-mêmes doivent laisser le minimum
d’empreinte environnementale. Ils se doivent
d’être
exemplaires pour le marché et les
générations
futures. » confirme Michel ISSALY, Président des
Vignerons
Indépendants de France. |
Cette volonté politique exprimée par le
Président
se concrétise au sein même de la structure par la
création d’un pôle
Développement des
entreprises dirigé par Christophe CHEVRÉ.
Formation,
expertise, veille technique et réglementaire, forums
techniques
régionaux… les Vignerons Indépendants
se sont
dotés de moyens pour répondre à
l’enjeu
environnemental.
Les partenaires officiels
Le club partenaires des Vignerons
Indépendants
Souvenirs, les photos des
Rencontres : Cliquez ici
Comptes rendus des thèmes des conférences
Chais
bioclimatiques et panneaux photovoltaïques
Au chevet d’un nouveau type de sobriété
| Les vignerons indépendants se
penchent sur la question de la
sobriété en énergies. Certains comme
Bruno
Schloegel à Wolxheim (67) construisent des chais
bioclimatiques.
D’autres comme Laure Dozon à Ligre (37)
réfléchissent même à
produire de
l’énergie grâce au
photovoltaïque. |

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Pour Bruno Schloegel, la première règle de
sobriété est la durabilité. Le chai de
trois fois
650 m2 de surface qu’il construit est prévu pour
durer
plusieurs générations. Mais c’est aussi
un
investissement sur plusieurs générations. Il
s’efforce de le construire selon des règles
éthiques, de développement durable, de
solidarité
intergénérationnelle et en s’appliquant
des cahiers
des charges. C’est un vigneron certifié Qualenvi.
« Des choix éthiques et durables »
Ces règles fondent ses choix de matériaux, de
lieu
d’implantation des bâtiments, de collaborateurs. Le
projet
a mûri pendant deux ans avant d’obtenir le permis
de
construire. Maîtres d’œuvre et
d’ouvrage,
architecte (Patrick Jost à Rosheim), possèdent
cette
même passion de la nature et du terroir.
Un puits canadien
L’édifice met à profit les conditions
naturelles du
milieu, il exploite la pente naturelle, il est idéalement
situé sur les axes de communication, il utilise les
matériaux locaux. A titre d’exemple, la terre
limoneuse
comble l’espace vide laissé par les arcades de la
cave.
Cette terre est également régulatrice de la
température par l’intermédiaire
d’un puits
canadien. Il s’agit d’un long tuyau de 450
mètres,
enfoui dans ces limons, dans lequel circule de l’air
chargé de réguler naturellement la
température du
chai. L’ensemble devrait également
bénéficier d’une régulation
hygrométrique naturelle grâce à
l’éponge que constituent les limons. Enfin, la
gestion de
l’eau - ruissellement, effluents - sera
particulièrement
aboutie, sa récupération
représente un
volume conséquent de 60 000 l. Une partie sera
retraitée
sur lits végétalisés. Bruno Schloegel
songe
également à des panneaux
photovoltaïques, mais il
lui faudra attendre la réalisation des bâtiments.
Se lancer dans le photovoltaïque ?
Ce mode de production d’énergie est-il rentable ?
C’est la question que s’est posée Laure
Dozon, viticultrice à Ligre (37). Un projet qui lui a
été soumis pour un montant
d’investissement de 65 k€, lui promet un retour sur
investissement dans 14 ans pour une électricité
rachetée à un prix de 32 cts
d’€ du kW (32cts pour des panneaux posés
sur le toit et 60cts pour des panneaux intégrés).
Quid du prix de rachat de l’électricité
d’ici là ? Surtout que ce rachat est largement
subventionné. Cependant, le contrat de rachat court sur 20
ans. Un autre projet a été soumis à
Laure Dozon et là, l’installateur promet un retour
sur investissements de 10 ans pour un investissement de 122
k€.. Autre solution, la location de la toiture à un
exploitant photovoltaïque. Mais le loyer est
dérisoire : 1€/m2.
Des écueils à éviter
Claude Faivre, expert EDF entreprises, a incité
l’auditoire à cependant faire preuve de
méfiance
devant la multiplicité d’opérateurs
promettant des
retours sur investissements mirobolants (6 ans). Attention
également à certains aspects techniques comme la
capacité des panneaux à maintenir des hauts
rendements
à mesure qu’ils vieillissent. Il faut
également
faire attention à la disposition des bâtiments, en
particulier aux ombres portées qui dégradent les
performances photovoltaïques.
Viticulture et biodiversité : Les
viticulteurs, des paysagistes
L’identité du paysage est à respecter,
mais les
réponses sont différentes selon les
espèces. Pour
créer de la biodiversité, il n’y a pas
de solution
unique, il faut éviter de faire pareil partout.
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Une
parcelle viticole n’est pas nécessairement pauvre
en
biodiversité bien que ce soit une monoculture. Haies,
bosquets,
lisières, bordures sont des lieux de biodiversité
à condition d’éviter les transitions
végétales trop abruptes. Cette
biodiversité
est-elle intéressante pour la viticulture ? Difficile pour
le
non-spécialiste de l’affirmer. Mais
l’observation de
la diversité des ravageurs de culture et des auxiliaires ne
permet cependant pas d’apprécier leur impact sur
la
culture de la vigne. |
Marteen van Helden propose alors une approche écologique
globale
à l’échelle du paysage. Et
là il constate
une corrélation positive entre certains types de paysages et
certains ravageurs. Exemple , là où il y a
beaucoup de
vigne, il y a aura beaucoup plus d’eudémis, vers
ravageur
du raisin. Mais il constate également des
corrélations
négatives, exemple avec les cicadelles vertes.
Il faut en réalité regarder plus globalement les
bénéfices des aménagements paysagers
de haies en
viticulture, pour prévenir l’érosion,
diminuer le
ruissellement, capter les dérives aériennes de
produits
de traitement, améliorer le cadre paysager, le cadre de vie,
et
bien sûr pour permettre de communiquer sur une viticulture
respectueuse de l’environnement.
Une identité du paysage à respecter
Et il est plus intéressant de travailler à
l’échelle de l’exploitation ou
même de la
commune viticole pour stimuler davantage la biodiversité, et
même d’impliquer d’autres acteurs,
observe Marteen
van Helden. Exemple à Saumur-Champigny. Le tout en
évitant d’imposer une règle
paysagère
globale et en respectant l’identité
paysagère.
Conclusions et perspectives
Le viticulteur peut agir à
l’échelle exploitation
- Enherbement
- Gestion des zones ‘non productives’
- Interstices
- Parcelles en renouvellement
- Autres… (parc, autour des bâtiments,
….)
Plus pertinent de
travailler à plus large échelle
- Connectivité des zones
‘biodiversité’
- Pragmentation des îlots viticoles
Besoin
d’impliquer les autres ‘acteurs’
(*) Marteen van Helden a fondé l’Association pour
la
recherche et le développement en viticulture durable
(ARD-VD)
constituée d’un réseau de viticulteurs,
de
distributeurs, de fournisseurs, de caves coopérative et de
groupement de lutte contre les organismes nuisibles.
Conditions de production des vins de terroir
L’intégrale des propos de Claude Bourguignon au
congrès des Vignerons indépendants de
Colmar le 28 avril
2009
« Depuis 1960, les rendements ont progressé
d’un
hl/ha/an grâce à la maîtrise
phytosanitaire et les
clones pour arriver à des rendements records de 600
hl/ha/an. Au
niveau gustatif, les vins s’effondrent sous l’effet
de la
dilution mais l’œnologie a permis de compenser et
de
rattraper le goût avec le boisage, les concentrateurs,
l’acidification… Tant et si bien qu’on
peut
élaborer des vins corrects sans terroir. »
Il s’agit d’une nouvelle donne dans
l’histoire de la
viticulture . Le vigneron est confronté à trois
choix :
vins de terroir, vins technologiques et archi-technologiques comme les
vins de garage, vins de cépage. Le problème est
que la
technologie a envahi toutes les catégories. »
Le terroir ? C’est une topographie, une géologie,
un climat et un sol.
Le climat : « Jusqu’alors l’Homme
n’était pas capable de le modifier, mais
ça
change… »
La topographie : Soulignons qu’ « un sol humide
nécessite sept fois plus de calories pour être
réchauffé » d’où
l’impérieuse nécessité pour
la vigne, plante
méditerranéenne, d’être
plantée sur
des sols à ressuyage rapide. « La vigne des grands
terroirs est plantée
préférentiellement sur les
pentes. Ou bien, citons les cas de Châteauneuf-du-pape et de
Bordeaux - sauf sur des collines de type Fronsac ou Saint-Emillion -
dont les sols sont filtrants grâce aux galets, ou ont
été drainés au prix
d’importants
investissements. »
Dicton : « En Bourgogne on a fait de l’argent avec
du vin, à Bordeaux, du vin avec de
l’argent.»
En situation ultra pentue, la topographie est
améliorée
par exemple par l’aménagement de terrasses tenues
par des
murets de pierre sèche « qui permettent
l’évacuation de l’eau ». Le
bétonnage
des murets est proscrit, il peut provoquer de véritables
«
piscines suspendues… »
La géologie : « 90 % de la géologie
mondiale est
acide. Elle comprend les schistes 75 % et les granites, 15 %. Ce sont
des sols où l’on peut produire de très
grands
blancs. On note sur ces géologies beaucoup moins de grands
rouges. A l’exception de quelques géologies comme
celle de
Maury, mais il s’agit de calco-schistes. La
présence de
calcaire explique cette exception. » Nous reviendrons sur
l’importance de ce calcaire dans le paragraphe biologie des
sols.
« La France possède une chance incroyable, puisque
55 % de
sa géologie est calcaire, alors qu’au plan
mondial, ce
type de géologie n’occupe que 7 % des sols du
monde.
»
A titre d’exemple, « les Etats-Unis n’ont
que 3 % de
géologie calcaire. Autre type de géologie rare,
la
volcanique, 3%, comme le Rangen de Thann (68), où
l’on
peut élaborer de grands blancs ou rouges. »
Le sol : « Cette quatrième dimension du terroir
est de
loin la plus complexe et l’homme intervient. Ce milieu
héberge 80 % de la biomasse du monde.»
« Un hectare de sol c’est
l’équivalent en
énergie biochimique de 700 tonnes
d’êtres humains.
» C’est aussi 2 tonnes de bactéries, 3
tonnes de
vers de terre…
Des pratiques viticoles de terroir
« Cette dimension complexe du sol peut être mise en
valeur
grâce à vitis vinifera qui, cultivée au
fil des
siècles, a abouti à la diversité des
cépages. José Vouillamoz
(Généticien de la
vigne à Neuchâtel en Suisse) a montré
qu’il y
a des grandes familles de cépage : la zone nordique avec les
pinots, gouais, la famille bordelaise ( cabernets, merlots), espagnole
(grenache), italienne, etc. Mieux vaut donc respecter cette logique des
familles pour les vins de terroir. »
La densité intervient également sur la mise en
valeur des
terroirs. Avant le phylloxera, la densité bourguignonne
atteignait 24 000 pieds/ha.
Pourquoi ces hautes densités ?
« Avant le phylloxera, la solution pour maîtriser
l’aspect sanitaire consistait à produire
extrêmement
peu de grappes par pied. »
« En Champagne, on cultivait jusqu’à 50
000 pieds/ha
et une grappe par pied dans des vignes en foule. » Des photos
d’époque témoignent d’une
forêt
d’échalas. Finalement, la mécanisation
a
provoqué la diminution de la densité, pour
arriver
jusqu’au palissage.
La taille est également un acte en étroite
relation avec
le terroir car « l’homme a fait varier la taille en
fonction du climat ». Exemple extrême : la taille
de
Santorin sur une île volcanique Grecque où les
grappes
sont disposées au cœur de la charpente en forme de
nid
pour les protéger des embruns marins. « Cette
pratique
daterait de 7000 ans. D’autres tentatives de taille de type
palissage sur cette île ont été
vouées
à l’échec. Il n’y a pas de
taille
idéale. Les tailles des anciens sont toutes
adaptées
à leur région. »
« Plus le terrain est profond, plus la taille peut admettre
un
feuillage important, plus le terrain est fin, moins il y a de sol, et
moins il faut de surface foliaire et il faut donc réduire la
taille du cep. »
« Les tailles, avec beaucoup de feuillage, produisent du
carbone,
c’est-à-dire de l’alcool. La vigne
devient alors une
« usine à sucre » mais pas à
parfums. Le
parfum est fonction des racines (voir plus bas dans le paragraphe
dédié au goût de terroir). Type de
tailles absurdes
pour les vins de terroir : Smart dyson, Scott Henry…
»
L’important feuillage entraîne une forte
évapotranspiration qu’il faut alors compenser par
l’irrigation.
En résumé, il faut adapter le feuillage au
terroir.
« N’oublions pas que le facteur limitant de la
vigne est
l’eau. Durant son cycle annuel, elle doit connaître
un
arrêt de croissance lié à son horloge
physiologique
mais pas à cause du stress hydrique. Et, pour
éviter les
stress, l’enracinement doit être profond. Il suffit
de 10 %
du système racinaire en profondeur pour que la vigne
échappe au stress. Une des conditions est que la
roche
soit fissurée. » Exemple : l’importante
densité de fissuration de Montrachet.
« Pour avoir un système racinaire en profondeur,
le sol doit être aéré.»
Choisir les sols des grands terroirs viticoles
Outre la pente, l’exposition, une autre condition des vins de
terroir est la texture des sols. « La surface interne des
argiles
varie de 30 à 800 m2 par gramme. Kaolinites, illites pour
les
blancs possèdent de faibles surfaces. Et les smectites pour
les
rouges possèdent de grandes surfaces internes. »
« Les analyses d’argiles
révèlent que les
Bénédictins ont fait un zéro faute en
classant, il
y a 600 ans, 100 % des grands crus bourguignons en blancs ou en rouges
selon ces argiles.»
Les sols des terroirs donnent-ils un goût particulier ?
Les arômes ne sont que des composés
carbonés
synthétisés à partir des sucres de la
photosynthèse. La chimie des sols joue-t-elle aussi un
rôle essentiel sur le goût ? Selon Bourguignon,
« les
éléments du sol ont leur importance. Quelle
relation
entre un manganèse par exemple et les arômes ? Les
arômes sont synthétisés par des enzymes
qui sont
des protéines à cofacteur métallique.
Nous ne
connaissons pas les chaînes enzymatiques qui aboutissent
à
la synthèse des arômes et autres
composés
carbonés, mais, en tout état de cause, les
cofacteurs
métalliques interviennent sur cette biosynthèse
et ils
proviennent bien des caractéristiques chimiques du sol.
»
« C’est un peu fort de dire que le sol
n’a pas
d’effet sur le goût car rien n’a
été
démontré. Les cofacteurs des enzymes qui
produisent le
goût dépendent du sol.»
Les productions hors sol donnent pourtant des fruits
parfumés,
mais « on compense le déficit des
éléments
par des chélates qui ont pour fonction d’apporter
ces
cofacteurs enzymatiques. Mais à des doses
extra-physiologiques
incapables de reproduire celles, subtiles, mises à
disposition
par un sol. »
« Dans le sol, les bactéries chimiolithotrophes
strictement liées à la dimension
minérale du sol,
vont avoir ce rôle de rendre ces minéraux
disponibles
à la vigne.»
La biologie des sols de terroir
La dimension biologique du sol intervient également sur
l’expression du terroir. Quelques exemples : les collemboles
dont
la population normale serait de 3 à 4 milliards par hectare.
« Il y a des sols qui en sont complètement
dépourvus.» Ces habitants terrestres totalement
inconnus
sont très spécifiques, à
l’échelle
même de la parcelle. D’autres habitants, les
acariens, dans
les mêmes proportions, possèdent des mandibules
plus
puissantes. D’autres encore, comme les cloportes ou les
crustacés, aux mandibules encore plus puissantes,
dévorent le bois. Citons encore les pseudo-scorpions, les
arachnides...
« La transformation de la matière organique par
ces
animaux conduit à des boulettes fécales,
excréments qui donnent l’humus et provoquent
l’aération. »
Cette faune du sol a besoin d’herbe.
« Le désherbage chimique fait chuter la
capacité
d’un sol à infiltrer l’eau
d’un facteur 150.
»
Quand il n’y a plus de faune, il n’y a plus de
perméabilité de surface. Parmi la faune,
n’oublions
pas les vers de terre qui à eux seuls pèsent plus
que
toute la faune animale terrestre. « En allant chercher les
humus
en surface et les argiles en profondeur, ils fabriquent dans leur
intestin le complexe argilo-humique dont
l’élément
liant est le calcium. » Complexe qui favorise
l’alimentation minérale de la plante.
« C’est la biologie du sol qui fabrique la terre
» et donc le terroir.
D’où l’intérêt de
préserver la
biologie des sols, plus particulièrement en production de
terroir en évitant les biocides. « La population
des vers
de terre souffre énormément. On est
passé de deux
tonnes de vers de terre à moins de 100 kg/ha. Leur absence
provoque les inondations, même à une
époque
où nous connaissons tant de sécheresses.
»
Se préoccuper des racines plus que des feuilles
Autre grand ensemble biologique des sols : les racines. « La
façon dont on va travailler le sol va décider de
la
gestion des racines. »
« La vigne est la seule plante cultivée dont
l’homme se préoccupe des racines. »
« Au cours du temps, la vigne (comme les arbres) a
adapté
son enracinement à ce milieu biologique avec deux zones
d’exploration, l’une dans l’horizon
humifère
(racines superficielles horizontales) et l’autre vers les
profondeurs par un enracinement vertical. »
Pourquoi cette disposition verticale et horizontale ? « Au
printemps, l’humus est minéralisé par
les
bactéries. Il est transformé en nitrates,
phosphates,
etc., récupéré par les racines. Tandis
que les
racines profondes attaquent la roche et la transforme en argiles.
» La racine exsude des acides qui la dissolvent. Les
éléments majoritaires qui sont la silice, le fer,
l’aluminium, et éventuellement du calcium si
présent, recristallisent à
l’état
concentré sous forme de silicates d’alumine qui
forment
les feuillets d’argiles. Ainsi
qu’expliqué
ci-dessus, c’est le vers de terre qui par ses va et vient de
la
surface vers la profondeur, réunit les argiles et
l’humus
en complexe argilohumique.
« La préparation du sol avant plantation est
importante
pour gérer l’enracinement. Un sol
préparé
mécaniquement (ripper, décompactage) fait
remonter les
racines. Pas besoin de bulldozer, une racine sait faire le
travail. » Un sol préparé par des
plantes
d’interculture favorise l’enracinement. Une racine
qui
n’a plus d’oxygène remonte. Le
désherbage
chimique, même en désherbage uniquement sur le
rang, fait
remonter les racines (Photos de profils pédologique
à
l’appui). Tandis que l’enherbement favorise
l’enracinement.
« Les racines superficielles sont exposées aux
montées de température ce qui provoque des
blocages
physiologiques de la plante. »
« La plante ne sait prélever directement que les
cations
(ions positifs sodium, potassium, magnésium, etc.)
pour
lesquels il n’y a pas de cycle d’absorption
biologique. En
revanche, pour tous les anions, -nitrates, sulfates, phosphates, etc.-
ils sont fabriqués par les microbes. Pour ce faire, ils ont
deux
techniques. L’oxydation : l’azote est rendu
assimilable par
azotobacter, le soufre par sulfobacter, et le phosphore par les
champignons. L’autre parade est la chélation : Les
oligoéléments sont absorbés
grâce à
la technique de chélation. Exemple le fer est
chélaté par du citrate, succinate, tartrate,
fabriqués par les microorganismes. »
« Des vignes manquent de fer sur des sols rouges de fer parce
qu’il n’y a pas assez de biologie pour rendre cet
élément disponible.»
« Nous remarquons que les éléments
assimilables
sulfate, phosphate, nitrate sont à
l’état
oxydé, qu’il faut donc de
l’oxygène et donc
le sol doit être aéré. »
Questions/réponses : Votre vision du terroir
aujourd’hui par Agnès Payan ?
« Quand Capus promulgue sa loi sur les appellations, toute la
France travaille ses terres au cheval. Il n’émet
donc
aucune loi sur les sols. S’il revenait aujourd’hui,
je
pense qu’il interdirait le désherbage chimique en
AOC pour
les vins de terroir.
« Tant qu’il n’y aura pas de loi sur les
sols pour
les vins d’AOC, ceux-ci seront confrontés aux vins
technologiques. »
Deuxièmement, pour revenir aux fondamentaux des vins de
terroir,
il faut revenir à la dégustation telle
qu’elle
était pratiquée par les gourmets, une
dégustation
au tastevin qui à l’origine servait à
détecter les fraudes. La dégustation consistait
à
tâter le vin, à en apprécier la
texture,
(rugosité, souplesse, soyeux, sapidité,
minéralité…. Les gourmets
s’entraînait
à développer leur appréciation tactile
du vin.
Quant à la dégustation organo-sensorielle, les
arômes, elle ne servait simplement qu’à
détecter le millésime. »
Réduction des traitements phytosanitaires : La
règle par trois
Avoir une bouillie stable et un appareil bien
réglé,
adapter la dose au feuillage et bien cibler les stades
phénologiques, telles pourraient être
résumées les règles de
réussite du
traitement phytosanitaire. Des interventions d’Olivier Viret,
de
Vincent Franquet et de Frédéric Schwaetzler, il
ressort
que des marges considérables de progression pour
réduire
les doses sont possibles.
Un traitement de couverture du feuillage par un produit phytosanitaire
ne nécessite pas la même dose selon que
l’on se
situe en début de cycle végétatif ou
en milieu de
cycle, car la surface foliaire évolue. En Suisse, pays qui
aime
la précision, c’est une évidence,
explique Olivier
Viret, ingénieur de l’Agroscope à
Changins. Il a
développé une méthode qui permet donc
d’adapter les
doses à la quantité de feuillage.
Cette approche helvétique est même devenue
réglementaire. Pour une pleine dose
d’homologation, le
viticulteur devra appliquer un coefficient réducteur en
fonction
du stade foliaire. En France, cette méthode
s’appelle
Optidose, mais elle n’est pas encore pratiquée de
manière importante.
 |
Mais
pour être efficace, un produit doit également
être appliqué au bon stade. En Alsace, 5
à 6
traitements sont effectués contre le mildiou et
l’oïdium, 1 à 2 contre le vers de grappe
et 0,4
à 0,6 contre le botrytis, indique
Frédéric
Schwaertzler, conseiller à la Chambre
d’agriculture du
Haut-Rhin. La prophylaxie intègre également la
gestion de
la plante, la vigueur, la qualité du palissage. Mais la
taille
alsacienne, comparé à la bourguignonne par
exemple, est
moins favorable à la pression parasitaire. |
Pour réduire
les pesticides, un effort devra être consenti en
matière
de réglage des pulvérisateurs, dont
l’efficacité peut être
appréciée par
les buvards hydrosensibles. Le conseiller technique
préconise de
tenir compte des modèles
épidémiologiques, de
localiser les traitements par exemple sur grappes ou sur les feuilles
hautes selon la maladie, d’anticiper les traitements en
périodes pluvieuse et de les espacer en période
sèche.
Mais encore faut-il que le produit appliqué soit actif.
Vincent
Franquet, conseiller technique indépendant
–
www.agriconseil.com - explique que certains mélanges de
produits
nuisent à l’efficacité. La bouillie
finale doit
être du même pH que la solution commerciale. Au
pire, quand
le pH des produits en mélange est très
différent
– exemple : pH 8,5 pour du soufre microthiol, et pH acide
pour du
folpel - mieux vaut opter pour un pH final proche de la
neutralité. Pour réduire les doses, Vincent
Franquet
préfère également travailler en bas
volumes ce qui
implique de plus fortes concentrations de produits, plus efficaces sur
le champignon. Pour les produits de contact, il faut alors veiller
à avoir une bonne couverture. Le réglage du
pulvé
est donc primordial. Au besoin, il est
intéressant de
s’aider des produits adjuvants surfactants. Enfin, il faut
tenir
compte des conditions météo, travailler
à bonne
hygrométrie pour que le produit reste humecté
longtemps
sur la feuille, il ne doit pas non plus ruisseler, il faut
également éviter les grands vents qui
dérivent les
traitements et les fortes luminosités. En somme mieux vaut
traiter tôt le matin ou le soir.
Dosages adaptés aux surfaces foliaires : www.agrometeo.ch
Bonnes pratiques phytosanitaires
Exemples pratiques de fiches de traçabilité
phytosanitaire avec Laurent Brault d’Anfovi : Bien plus
qu’une simple lourdeur administrative, ces fiches se
révèlent être un véritable
outil de gestion
viticole pour améliorer ses pratiques phytosanitaires.
Bien connue pour garantir la qualité de l’accueil
des
clients au chai, Qualenvi comporte également
une méthode pour sécuriser les traitements
phytosanitaires. A l’heure de la multiplication des cahiers
des
charges, la traçabilité en matière
d’application de produits phytosanitaires peut
apparaître
comme une charge administrative supplémentaire. Mais elle se
révèle également comme
étant une
possibilité de bien gérer son exploitation
viticole,
explique Laurent Brault, chargé de mission aux Vignerons
indépendants de France, en particulier en matière
d’application de produits phytosanitaires.
L’objectif globalement assigné par le Grenelle de
l’environnement étant de limiter les
quantités de
produit et le nombre de passages. Il a donné quelques clefs
pour
la réalisation de fiche de traçabilité
où
l’on consigne les informations « phytosanitaires
» de
la manière suivante : quand ? (la date
d’application),
où ? (le nom ou n° de parcelle), quoi ? (le nom des
produits
appliqués) et combien ? (la dose par hectare). Rappelons que
cette traçabilité est
réglementairement
obligatoire. Les parties « quoi et combien »
peuvent
être davantage détaillées avec les
numéros
de lots des bidons de produits servant pour la parcelle, la dose par
hectare, la quantité totale de produit par
pulvérisateur,
et le nombre de pulvérisateurs par parcelle, aboutissant
à la quantité totale de traitement. De
même,
la partie nom de la parcelle peut aussi être
détaillée avec sa surface, ou la
surface de
l’îlot, les caractéristiques climatiques
lors de
l’application.
Les fiches de traçabilité Qualenvi deviennent
alors un
véritable élément de transmission de
l’information au sein de l’exploitation pour
raisonner les
interventions, raisonner les doses en cours de campagne, moduler les
volumes.
Contacter Laurent Brault laurent.brault@vigneron-independant.com et
consultez le site www.anfovi.com où sont
indiquées les
informations en matière de bonnes pratiques phytosanitaires.
Les SDN sont-ils efficaces pour réduire les doses ?
L’étude
Suisse d’une trentaine de stimulateurs de
défenses naturelles révèle que
certains produits
sont efficaces à 90 %.
Chercheuse à Changins en Suisse, Sophie Godard travaille sur
les
stimulateurs de défenses naturelles, des produits que
l’on
applique à la plante tel un vaccin. Parmi la trentaine de
produits testés, deux se montrent efficaces à 90
% : un
extrait d’écorce de bourdaine et un extrait de
racine de
rhubarbe. L’essai n’est toutefois pas
réalisé
en plein champ mais en serre sous atmosphère et pression
parasitaire de mildiou contrôlées. Cela dit, la
chercheuse
se montre optimiste sur ces principes actifs qui agissent de deux
manières, l’une en « engluant
» le mildiou
dans du callose (un sucre) lorsqu’il
pénètre par
les cellules stomatiques de la feuille et l’autre en
sécrétant des toxines à base de
stilbène
qui vont l’empêcher de se reproduire.
D’autres essais de SDN en plein champ ont
été
présentés par David Marchand, conseiller viticole
à la Chambre d’agriculture du Haut-Rhin. Il
s’agit
du produit stifénia – un produit à base
de
fénugrec - qui n’a, semble-t-il, pas
donné
satisfaction.
Et
les cépages résistants ?
Une troisième voie pour réduire les pesticides
consiste
à utiliser des cépages dont la
résistance est
obtenue par transgenèse ou par hybridation
interspécifique.
Christophe Schneider, chercheur à l’Inra de
Colmar, a
présenté des recherches actuellement
effectuées en
matière de cépage résistant au mildiou
et à
l’oïdium. La transgenèse (OGM)
n’ayant pas
l’assentiment sociétal, les chercheurs font de
l’hybridation interspécifique. Technique qui
consiste
à croiser les espèces vitis viniféra
de nos
contrées avec d’autres, asiatiques, ou
américaines
qui ont coévolué avec le mildiou et
l’oïdium,
et qui possèdent par conséquent des
gènes de
résistance naturelle à ces maladies. En pratique,
on
sème les pépins de vigne, puis on
féconde ses
fleurs artificiellement. Par rétrocroissements successifs
(autofécondation) on conserve le caractère de
résistance, on sélectionne ensuite toutes les
vignes
filles qui présente les gènes de
résistance et on
élimine celles dont les caractères ne sont pas
intéressants pour l’élaboration des
vins.
La reconnaissance des gènes de résistance est
possible
grâce notamment à la totale connaissance du
génome
de la vigne récemment publiée dans les revues
scientifiques, et grâce à une puce
génétique
qui permet d’identifier rapidement la présence des
gènes de résistance dans la plante.
L’Inra devrait être en mesure en 2018 de proposer
à
l’inscription ces fameux cépages
résistants. Ils
présenteront par ailleurs une certaine garantie de
durabilité de résistance. La décision
de leur
usage en AOC reste cependant assujettie à
l’autorisation
donnée par la profession.
Tout vigneron est éligible à une aide : Mode
d'emploi
Les bons tuyaux d’Eric Rosaz
« Vous avez un projet, il y a forcément une aide
quelconque pour vous. » Pour clôturer les
conférences du congrès national des Vignerons
indépendants, Eric Rosaz a livré quelques clefs
nécessaires à la perception d’aides ou
de
subventions quand un vigneron a un projet.
Une aide est toujours liée à une orientation
politique,
elle a une origine budgétaire précise, elle
s’adresse toujours à une entité
précise
(entreprise, individu), et elle possède un fondement
juridique
qui la lie à son origine budgétaire.
Pour y avoir recours, il faut se préparer à
investir du
temps. « Demander une aide c’est un investissement
personnel », insiste Eric Rosaz. En effet, ceci suppose de
connaître les procédures administratives,
d’avoir
recours à des informations juridiques et de se donner du
temps
pour également remplir des formulaires. Bref «
c’est
le parcours du combattant ! »
Mais avoir recours à une aide ou une subvention fait partie
de la bonne gestion d’une entreprise.
La méthode consiste à bien définir son
projet,
rechercher les aides ou subventions, s’informer des
conditions
d’obtention, remplir les dossiers souvent en adaptant ou en
reformulant les contours du projet afin qu’il soit
éligible et, bien sûr, il faut prendre
le temps de
remplir les dossiers.
Mais là ne s’arrête pas le parcours, il
faut ensuite
suivre le traitement administratif du dossier jusqu’au
paiement
et sa liquidation.
Eric Rosaz a donné ensuite des sites où
s’informer.
Tous les sites des départements www.conseil-general.com,
possèdent un lien « Le guide des aides »
où
est établie la liste des aides. Consultez, vous
découvrirez forcément une aide, souvent
même
insoupçonnée, à votre projet
d’investissement dans des domaines très
variés :
construction, oenotourisme, chambres d’hôtes,
commercialisation, investissement de matériel de cave ou
viticole. Autre exemple de site pour la filière viticole,
celui
de l’espace vin de France agrimer, www.franceagrimer.fr,
cliquez
sur l’onglet Viniflhor, puis sur « espace vin
» et
tapez le mot aides dans l’espace recherche. Et l’on
voit
ainsi apparaître les nombreuses mesures comme celles pour
restructurer les vignobles ou promouvoir le vin à
l’étranger.
Démarche marketing en packaging : Les clefs pour
être vu
Ne rien laisser au hasard en packaging, tel pourrait être le
résumé de l’intervention de Jean-Claude
Andréani, professeur de marketing à ESC-Paris.
Une approche marketing de son packaging suppose de se poser trois
questions. La première – où en suis-je
?- consiste
d’abord à bien définir son produit dans
les
segments de gamme : terroir, entrée de gamme, industriel
… Et à le positionner clairement : A consommer
rapidement, vin de garde, vin de dessert, en apéritif,
etc… Ceci donnera une première orientation au
packaging.
La deuxième question consiste à
connaître son
« champ de bataille ». C’est à
dire de bien
connaître son environnement concurrentiel. De là
va
être déterminé un code graphique plus
ou moins
simple, plus ou moins travaillé et les codes couleurs qui
annoncent clairement la tendance pour être
identifié, se
démarquer, personnaliser son étiquette…
La troisième question, - que faire ? - consiste
à
choisir parmi les nombreuses informations d’une
étiquette
celles dont on veut qu’elles accrochent la vue. Le client
potentiel a un schéma de lecture d’une
étiquette
« en diagonale » : « Il ne la lit pas,
mais il la
ressent. L’étiquette lui évoque des
choses»,
explique Jean-Claude Andréani. Une définition
préalable de la cible, le type de clientèle est
également primordiale : jeune, nouvelle,
fidèle,
etc.
Bref, le marketing du packaging possède des
méthodes, des
techniques, des codes, mais que la raison ne connaît pas
toujours. En effet, cette science n’est cependant pas exacte.
L’expérience nous apprend que 30 % seulement des
approches
marketing se traduisent par une réussite commerciale.
Quelques
exemples d’échecs : la Renault Velsatis dont les
études marketing avaient pourtant été
poussées.
Ateliers dans les exploitations : Les contacts
BUCHER VASLIN
La machine "Flavy FX", micro-filtration tangentielle, de Bucher Vaslin:
http://www.buchervaslin.com/bucher-vaslin-article.php?menu=3&cat=26
HELIOSEC DE SYNGENTA
Héliosec, dispositif de gestion des effluents par
déshydratation naturelle, développé
par Syngenta
Agro, a reçu un agrément officiel du
ministère de
l'environnement.
http://www.syngenta-agro.fr/synweb/agroCompet_19_3_1439_240_Nouveau-syst%C3%A8me-H%C3%A9liosec.aspx
JOUFFRAY DRILLAUD
Jouffray Drillaud, semencier français et producteur de
graines
fourragères et gazons, commercialise des semences pour
l'élevage, les grandes cultures et l'environnement.
http://www.jouffray-drillaud.com/
SOUSLIKOFF
Intercep SOUSLIKOFF Trophée d'or Vinitech
http://souslikoff.com/
2, Route Queyzans
33340 ST YZANS DE MEDOC
Téléphone : +33 6 07 81 18 92
Téléphone : +33 5 56 09 05 07
Fax : +33 5 56 09 06 17
AVIF 33
Tête de tonte sous le rang ARIF 33
http://www.avif33.com/
Raphael LEMOINE
Téléphone 05 56 62 92 33
Téléphone 06 08 80 45 74
MATURAGRIFF
www.naturagriff.com
Jacques Villa-Campes
31bis route de Larchey
33650 SAINT MEDARD D'EYRAN
Téléphone +33 5 56 20 23 20
Télécopie +33 5 56 78 42 58
Téléphone portable +33 6 11 08 44 63 |
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Le club partenaires des Vignerons
Indépendants
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